Batman Dark Knight
Suite de l’impressionnant « Batman Begins », « Batman Dark Knight » prend le contre-pied total de son prédécesseur. Le film se veut plus réaliste et s’inscrit moins dans la mythologie du personnage pourtant bien amorcée dans le 1° opus. Ici, Batman se prend pour Tom Cruise dans « Mission Impossible » et perd de son charisme qui sied au personnage. Batman dans des tours de verre en plein jour (Chicago), c’est l’antithèse de son personnage dans « Batman Begins ».
Et on enchaîne avec les : Batman organise un kidnapping, Batman fait de la politique, Batman est jaloux… et on perd en consistance et en noirceur de ce personnage tourmenté par ses démons.
L’histoire, bien ficelée au demeurant, est trop longue et trop bavarde, les scènes d’actions sont à la hauteur mais les décors ne font plus place à l’imaginaire d’un Gotham City bien sombre. Question personnage, le Joker tient le haut de l’affiche, mais le réalisme de son caractère déteint sur l’ensemble de l’intrigue. Christian Bale a perdu de sa superbe et s’auto parodie avec une voix d’outre-tombe.
On sent bien les influences des scénaristes par rapport aux comics des années 90, mais à mélanger l’univers d’Alan Moore (scène de confrontation Batman/Joker en prison) avec l’univers de Franck Miller, on en perd ses petits. Bien sûr, « Dark Knight » est un film plus adulte que ses petits camarades de l’univers Marvel, mais à vouloir faire une analyse entre le bien et le mal, le film s’auto flagelle et devient à la limite du réactionnaire. A trop vouloir l’encrer dans le réalisme, Batman devient un anti-héro fascisant face à un Joker nihiliste et cynique.
